LE HORLA PREMIÈRE VERSION

Toujours 4ème, la professeur de français de ma fille, avait conseillé de lire le Horla, car ils étudiaient Guy de Maupassant. Ma fille ne le lut pas, mais moi si car je me souvenais que l’histoire à l’époque m’avait choqué à l’époque et je n’avais lu que la deuxième version. Vous pouvez le trouver gratuitement sur kindle . C’est un petit livre qui se lit rapidement. C’est la première version, j’ai les trois versions sur mon livre. La première est une nouvelle, la deuxième un journal intime et la troisième c’est une lettre.

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LE HORLA

Première Version publiée dans le GIL BLAS, 26 octobre 1886.

Le docteur Marrande, un aliéniste (un médecin qui s’occupe des traitements des maladies mentales) très connu, avait invité 3 de ses confrères et 4 savants chez lui, pour leur montrer un de ses malades. Il leur annonça que ce malade était le plus bizarre et le plus inquiétant qu’il ait vu, un domestique le fit entrer et l’homme raconta son histoire.

L’homme explique qu’il a 42 ans, n’est pas marié et a une petite fortune. Il habitait une propriété à Biessard, près de Rouen (Maupassant s’inspire de la maison de Flaubert à Croisset, où il séjourna souvent). Sa maison se situe au bord de la Seine où il peut admirer les bateaux qui passent puis pêcher et il chasse aussi dans la forêt de Roumare qui surplombe sa maison. Sa demeure est grande, son extérieur est vaste et le tout est jolie.
Il a du personnel qui se compose d’un cocher, un jardinier, un valet de chambre, une cuisinière et une intendante qui tient la maison propre. Tous le connaissent depuis 10 ou 16 ans, connaissent ses habitudes, son entourage, le pays (la région), la demeure, ce sont de bonnes personnes. 

A l’automne dernier, il y a un an, il devint colérique, se réveiller en pleine nuit, surexcité, , il vit un médecin qui le prescrit du bromure de potassium et des douches (traitement de l’époque pour soigner les maladies mentales, les personnes en colères). Douches matins et soirs, et boire du bromure, le calma et il put s’endormir, mais son sommeil n’était pas réparateur, il avait une sensation de poids sur la poitrine et d’une bouche qui mangeait sa vie sur sa bouche. Il avait un autre soucis, il maigrissait à vue d’oeil et son cocher aussi. Son cocher avait le même soucis que lui, il dormait mal le soir. Pensant que cela venait de la maison, il voulu partir, mais finalement resta.

Un soir, il se coucha avec sa carafe d’eau remplis jusqu’au bouchon de cristal, il se réveilla en pleine nuit après avoir cauchemardé, la carafe était vide. Le lendemain soir, il tenta une expérience, il remplis la carafe, ferma la porte de sa chambre à clé et s’endormis, deux heures après il se réveilla, la carafe était vide. Il était sur de ne pas avoir bu cette eau, alors il fit une autre expérience, pour voir si effectivement il n’était pas somnambule. Un soir il plaça à côté de la carafe, une bouteille de vieux bordeaux, une tasse de lait (qu’il n’aime pas) et des gâteaux au chocolat qu’il adore. Le vins et les gâteaux étaient toujours présents, mais l’eau et le lait avaient disparu. Il renouvela plusieurs fois cette expériences, changeant les aliments, les choses solides n’étaient jamais touché, seul l’eau et le lait disparaissaient. Le narrateur pensa que peut être que ses goûts changeaient quand il était somnambule et que les choses qu’il n’aimaient pas, il les buvaient tout de même la nuit.
Il utilisa alors d’autre subterfuge contre lui même, il enveloppa tous les objets contenant les liquides avec des bandelettes de mousseline blanche et les recouvris encore avec une toile de lin très fine et un tissus très serré (appelé batiste). Au moment d’aller au lit, il se barbouilla de mine de plomb les mains, les lèvres et la moustache. Le lendemain, tous les tissus étaient intact, la batiste avait été déplacé, l’eau et le lait avait été bu, la porte était fermé, les volets cadenassés, personne ne pouvait rentrer. Qui était présent avec lui toutes les nuits?

Les confrères du docteur Marrande, souriaient à cette évocation, et le narrateur compris qu’on le prenait pour un fou, mais il continua son histoire.

Ces phénomènes cessèrent du jour au lendemain, lui même allait beaucoup mieux, il revivait. Son cocher l’avait quitté il y a plus d’un mois, fort malade, et il appris que son voisin M.Legite se trouvait dans le même état que lui. Il pensa que c’était surement un virus qui trainait dans l’air. L’hiver passa.

Au printemps, il promena dans son jardin, et vie distinctement la tige d’une rose se couper, comme si quelqu’un la ramasser, et suspendue dans les airs suivait un chemin imaginaire comme si la rose cueillis allait jusqu’à la bouche et resta là sans bouger, toute seule. L’homme couru vers elle pour l’attraper, mais elle disparut, il s’énerva contre lui même, comment un homme intelligent pouvait avoir des hallucinations?
Il retrouva la rose sur l’arbuste, fraichement cassée avec deux autres roses. A ce moment là il était sur d’une chose, il ne croit pas au surnaturel, mais il y avait bien un être invisible qui l’avait hanté, quitté puis était revenu.

Le personnel ne cessait de se disputer, pour des chose sans importance, un verre de venise se brisa en plein jour, la femme de chambre accusa la cuisinière qui accusa la lingère. Chaque jour le lait était volé, des portes fermées, se trouvaient ouvertes le matin. Puis cela se calma un temps.

Le 20 juillet à 9h du soir, le narrateur s’endormit, laissant son livre de Musset ouvert à “Nuit de Mai”. À son réveil, il vit la page du livre tourner, puis une autre comme si quelqu’un tourner les page, il se leva vers le fauteuil qui se renversa comme si quelqu’un avait fuit, la fenêtre bougea aussi comme si quelqu’un l’avait poussé. Il baptisa cet être le Horla, sans aucune raison. Il était toujours présent avec lui et ne le quittait jamais.

Il le vit un jour, il lisait et sentait sa présence derrière lui, il se tourna et ne vit pas son reflet dans le miroir présent, car le Horla se trouvait entre lui et le miroir, il vit un grand verre limpide de haut en bas, puis il finit par distinguer à travers la brume, son reflet.

Le témoignage arrivait à sa fin, et il expliqua aux confrères que le docteur Marrande doutait aussi, il l’invita et il pu voir que trois voisins souffraient des même phénomènes. Il leur conseilla de laisser de l’eau et du lait et chez eux aussi ils disparurent. Le médecin confirmait cela.

Les confrères souriaient, l’homme reprit, disant que ce n’est pas parce que c’est invisible à l’oeil que cela n’existe pas, ce qui est petit échappe à l’oeil, ce qui est trop loin aussi, ce qui est trop grand idem. Il ne peut voir les milliards de petites bêtes qui vivent dans une goutte d’eau. L’électricité existe et pourtant on ne la voit pas.

Un être nouveau, qui bientôt se multipliera comme les humains se sont multiplié. Le Horla existe.

Il conclu en montrant un morceau de Journal, venant de Rio de Janeiro qui explique qu’une épidémie semble s’être abattu sur San Paulo, des gens ont quitté leur terre, abandonnant leur maison car ils sont poursuivit par des vampires invisible qui se nourrissent de leur souffle pendant leur sommeil, qui ne boirait que de l’eau et parfois du lait.

L’homme rappelle qu’il vit près de la seine et que trois jours avant un grand trois mât brésiliens était arrivé près de chez lui. Il pense que le Horla est arrivé par ce bateau.

Le docteur Marrande ajouta qu’il ne savait pas si cet homme était fou, ou s’ils l’étaient tous les deux, ou si cet être était arrivé parmi eux.

MON AVIS

Pour comprendre l’histoire du Horla, il faut connaître la vie de Guy de Maupassant. C’était un auteur du genre réaliste comme je le mentionne dans cet article sur la Parure.
Il se promenait toujours avec un cahier et un crayon pour prendre des notes, il est mort de la syphilis attrapée lors d’une de ses nombreuses relations. La syphilis avait comme symptôme la modification de personnalité et la démence, vous l’aurez compris, il raconte ce qu’il vit. La maison où se passe les phénomènes est la maison de Gustave Flaubert qui était son parrain et où il passait son enfance.

Cette première version du Horla (il y en a eut trois) n’est pas la plus intéressante, Guy de Maupassant l’écrit comme une nouvelle, mais la deuxième version est écrit comme un journal intime, où chaque date il explique ce qu’il ressent. La deuxième version est d’ailleurs celle que les professeurs font le plus souvent lire, car on rentre dans la vie de Maupassant.
La dernière version c’est Lettre à un fou, c’est lui qui écrit une lettre pour expliquer ses soucis.

Pourquoi cette histoire est intéressante? parce qu’on ne sait pas si ce qu’il vit est réel ou si c’est dû à sa maladie.
Pour l’époque c’est aussi un des rares auteurs à parler ouvertement de la folie qui l’habite. D’ailleurs Horla c’est “Hors de là” ce qui pourrait être Hors de ce corps.