L’AMI RETROUVÉ DE FRED UHLMAN

Ma fille en troisième, travaille sur les autobiographies. Sa professeure a proposé en lecture complémentaire,L’ami retrouvé.

Rédigeait à la première personne dans le livre, l’auteur raconte.

 

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En février 1932, l’auteur a 16 ans. Il habite Wurtemberg (Sud Ouest Allemagne) et fréquente le lycée le plus renommé de la ville, fondé en 1521  “Karl Alexander Gymnasium à Stuttgart”. Il se remémore la première fois qu’il a vu celui qui allait devenir son ami pour la vie. Il revoit encore le dos de ses camarades de classes, qui décèderont pour la plupart dans les steppes russes ou dans les sables d’Alamein (Endroit où Hitler perdit ses batailles en Russie et en Egypte). Son professeur Her (Monsieur en Allemand) Zimmermann était méprisait de ses élèves, il avait environ la cinquantaine, les cheveux grisonnant et le teint jaune.

Le professeur Klett, le proviseur, amena dans leur classe un nouveau venu, l’air aristocratique, bien habillé alors que les adolescents du collège s’habillaient de confection durable, veste et culotte courte. Il portait une chemise bleu pâle, une cravate bleu foncé ornée de poids blanc. Le jeune homme se présenta “Graf (comte en allemand) Von Hohenfels, Conrad, né le 19 janvier 1916 à Burg Hohenfels, Wurtemberg”.

 

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L’auteur observa le nouveau venu, il n’était pas le seul, tous le regardèrent entre l’admiration et la crainte. Il venait d’une illustre famille Les Hohenfels. leur château situé entre Hohenstaufen le Teck et Hohenzollern était en ruine et ses tours détruites, mais cette famille était connue pour leurs exploits passées. Hildebrandt von Hohenfels était mort en essayant de sauvé Frédéric 1er de Hohenstaufen de la noyade en 1190. Anno von Hohenfels était l’ami de Frédéric II et mourut à Salerne en 1247 dans les bras de l’empereur. Frédéric von Hohenfels fit prisonnier le roi de France François Ier et fut tué à Pavie. Waldemar mourut à Leipzig, Fritz et Ulrich à Champigny (guerre franco allemande 1870), Frédéric fut tué à Verdun (première guerre mondiale). Ce jeune homme était d’une famille illustre de Souabes (famille prestigieuse originaire du Sud de l’Allemagne).

L’auteur est fils d’un médecin juif et petit fils et arrière petit fils de rabbin, de petits commerçants et de marchands de bestiaux, il n’osa pas s’approcher de ce garçon blond. En classe Her Zimmermann écrivait en marge sur les corrigés du conteur des remarques brèves “Mal construit, Pas trop mal,…” , mais pour Conrad, le professeur donnait plus d’explications.

Une semaine après, tous les von du lycée s’approchèrent de lui, puis vinrent les baron et le Freiherr (titre honorifique Allemand), ils parlèrent de personnes connut d’entre eux, Maxie, Tante Hohenlohe et d’autres noms commun, mais cette conversation s’arrêta là, par la suite, seul des signes de tête et des sourires s’échangèrent. Le “Caviar de la classe”, Reutter, Müller et Frank, proche du peintre Pablo Picasso, allaient au théâtre, opéra, lisaient Baudelaire, Rimbaud et Rilke (poète autrichien) l’abordèrent pour qu’il fasse parti de leur groupe de lecture, mais il refusa poliment arguant qu’il était trop occupé.

 

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L’auteur ne sait pas quand il a décidé que Conrad deviendrait son ami. Il s’entendait avec ses camarades, mais il n’avait pas d’amis pour qui il aurait volontiers donné sa vie. Ils étaient insignifiant pour lui. Ses camarades étaient positif et savaient exactement ce qu’ils voulaient être plus grand, officier, banquiers, pasteurs,.. lui n’en avait qu’une vague idée, poète et voyager, …
Trente ans après, avec le recul, il confirme qu’il aurait volontiers donné sa vie “Pro Amico” (“par amitié” en latin), cela aurait été “dulce et décorum” (“doux et glorieux” en latin)

 

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Conrad allait devenir son ami, il ne savait pas quand, ni comment, mais depuis qu’il était arrivé, tout l’attirait chez lui, son élégance, ses manières, la gloire de son nom. Il ne savait comment l’attirer à lui. Conrad avait repoussé tout les grands noms de l’établissement, les aristocrates, le Caviar, l’auteur ne savait comment attirer son attention. Il se mit à devenir brillant à l’école, à participer davantage en classe, les professeurs ainsi que ses camarades était impressionnés, il attira même l’attention du Caviar. Même en sport, lors des barres parallèles, il fit un pas en avant pour que le professeur Max Loehr surnommé Max-les-biceps, le choisisse pour une démonstration. Le professeur le désigna “Schwarz” son nom de famille. Il s’élança, et réussit les figures avec brio, soutenu par le regard de Hohenfels, certains de la classe applaudirent.

Quelques jours plus tard, Schwarz vint au lycée avec des pièces de monnaie de grecques, il fit semblant de les examiner, Conrad, piqué de curiosité, lui demanda s’il pouvait les observer, lui aussi collectionnait les pièces, ils échangèrent quelques mots, jusqu’à ce que le professeur arrive, à la fin du cours, Hohenfels sorti sans un regard pour lui.

 

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Le 15 mars, en rentrant de l’école, Schwarz vit que Conrad marchait lentement comme pour attendre quelqu’un, il ne voulut pas le dépasser, mais il n’eut plus le choix, arrivé à sa hauteur, Conrad lui sourit, et lui tendit sa mains indécise en lui disant “C’est toi, Hans!”. Ils parlèrent une heure tout en marchant, heureux comme “deux jeunes amoureux”.
Excité par cette rencontre, l’auteur rentra chez lui en courant, et ne voulut pas montrer sa joie à ses parents, le soir, il eut peur que Conrad regrette cette amitié et n’en dormi pas de la nuit.

 

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Le lendemain à l’école, Conrad semblait avoir bien dormi, il changea ses affaires de place et se mis à côté de lui. Ils ne se quittaient plus, le matin Conrad l’attendait pour aller à l’école ensemble, le soir ils rentraient ensemble. Le samedi, ils dormaient dans de vieilles auberges avec de la chère (nourriture) et vin de la région. ils marchaient dans la forêt noire, la vallée du rhin, les Vosges, l’Hegau (chaîne de montagne Allemande). Ils lisaient des poésies, leur poète préféré était Hölderlin-Hypérion (Friedrich Hölderlin), dont ils récitaient ces poésies tout en admirant sa demeure à Tübingen. Au début, leur amitié étonna toute la classe, qui finit par s’habituer, sauf Bollacher les surnomma “Castor et Pollack ” (Pollack est un terme désignant les juifs polonais de façon insultante).

 

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Des perturbations politiques entre nazis (se disant la race supérieure les aryens, exterminant les races dites inférieures) et communistes (voulant une égalité entre les individus) arrivaient, mais cela ne souciaient guère nos jeunes adolescent rêveur.

Des incidents que l’auteur désignait comme mineurs faisaient leur apparitions : croix gammées, juifs molestés, communistes rossés, … parallèlement, la vie suivait son cours, les terrasses de restaurants, les opéras, … étaient blindés de monde. Les gens se demandaient où ils iraient passer leur vacances d’été.

Un évènement va cependant attirer l’attention de Hans. Il avait des voisins, Herr et Frau (Monsieur et Madame) Bauer, qui avaient deux filles de 4 et 7 ans et un garçon de 12 ans, il ne leur parlait que peu, mais les voyaient souvent dans leur jardin. Un soir alors que leur parents étaient sorti et leur femme de ménage aussi, la maison pris feu rapidement, ne laissant aucune chance aux enfants de s’en sortir, ils furent bruler vif. Cette histoire choqua le jeune ado qui en parla à son ami Conrad, persuadé que Dieu ne pouvait exister et faire subir cela. Sa mère était juive, son père agnostique (croit que c’est impossible de prouver l’existence ou l’inexistence de dieu). Hans parlait avec Conrad de son opinion religieuse, mais Conrad restait calme, il n’avait pas les réponses à toutes les questions qu’il se posait, mais promis d’en parler à son pasteur. Il revint la semaine d’après, le pasteur lui avait conseillé de ne pas écouter de tel blasphème de la part d’un écolier immature et en colère et pour cause, Hans connaissaient et avait vu grandir ces enfants innocents.

Ce n’était bien sur pas le seul sujet de conversation qu’avaient les deux enfants, ils parlaient aussi de filles, qu’ils pensaient être des êtres supérieurs, d’une pureté qu’il ne fallait approcher qu’avec poésie et musique douce, tel un chevalier du moyen âge.
Ils n’auraient jamais oser parler de cela avec leur parents qu’ils pensaient être d’un autre monde, le père de Hans était médecin, celui de Conrad était ambassadeur en Turquie et au Brésil. Aucun des deux ne parlaient de leurs parents, et ne s’invitaient l’un chez l’autre, cependant un jour, arrêté devant chez Hans, il voulu montrer sa chambre à Conrad et l’invita, ce dernier hésita, mais le suivit.

 

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Hans habitait le quartier die Höhenlage (les hauteur en allemand) de Stuttgart. Sa villa modeste construite en pierre se trouve dans un jardin plein de pommiers et de cerisier. Le quartier est habité par des gens riches et aisés, avec les plus belles propriétés d’Allemagne, avec une vue sur les châteaux, les musées, l’opéra, …

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Il avait dans sa chambre, des classiques allemands (Kleist, Goethe, Hölderlin,..), des livres d’auteurs français (Balzac, Flaubert, Baudelaire, Stendhal,..) , des livres d’auteurs russes dont les oeuvres complètes de Dostoïevski, Tolstoï et Gogol. Sur les murs étaient accrochés des estampes (peintures) japonaises, “Les Tournesols” de Van Gogh, “L’enfant au Gilet rouge” de Cézanne. Il possédait une collection de pièces de monnaie, des coraux, des hématites, agates, topazes,.. Une dent de lion, une griffe de tigre, un morceau de peau de phoque, des objets romains (dont un volé dans un musée).
Dans sa chambre, il se sentait en sécurité, rien ne pouvait lui arriver, la famille Schwarz vivait à Stuttgart depuis au moins deux siècles. Ils étaient juifs, mais cela n’avait pas plus d’importance qu’être brun ou roux, il ne savait de quelle origine il venait “Vilna, Tolède, Kiev? la famille s’en souciait guère.

Une fois l’an, le jour du Grand Pardon, sa mère allait dans une synagogue et son père s’abstenait de fumer et voyager. Son père n’était pas pratiquant, mais il le faisait pour ne pas blesser les autres dans leurs sentiments.

Lors d’une discussion entre un sioniste (favorable à la création d’un État juif en Palestine) et son père, l’homme nomma Hitler et demanda à son père s’il avait confiance, son père répondit qu’il n’avait pas peur, qu’il avait confiance en l’Allemagne et qu’il n’était qu’une maladie passagère, comme la rougeole, il disparaitra dès que la situation économique ira mieux. Le sioniste insulta son père de “partisan typique de l’assimilation” (fait de s’intégrer en adoptant les us et les coutumes d’une autre population), son père répliqua qu’il était pour l’assimilation, que les juifs en ne s’intégrant pas complètement agissent comme catalyseurs (élément qui accélère une réaction chimique), enrichissant la culture allemande. Le sioniste partit énervé le traitant de cinglé (meschugge en allemand). Son père défendait l’Allemagne car il avait fait la Première Guerre Mondiale où il avait été blessé deux fois et était prêt à se battre de nouveau.

 

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L’auteur comprenais son père et le comprends encore, comment aurait t’il pu deviner ce qui allait se passer par la suite. Le nazisme était pour lui une maladie temporaire, qu’il suffisait de garder calme en attendant de jours meilleurs. Son père était un médecin, respecté de tous, juifs, comme non juifs, ils étaient venu à son anniversaire, lui avait chanté une sérénade. Il avait été décoré de la croix de fer de première classe (décoration allemande remise à un soldat pour sa bravoure aux combats) qui trôné au dessus de son lit, avec son épée d’officier.

 

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Sa mère non plus ne se souciait pas du nazisme. Une fois par semaine elle sortait avec des amis manger des gâteaux chocolats avec de la crème, parler de la famille, les domestiques, les dernières pièces de théâtre vu, d’Opéra,..
Elle n’avait pas le temps de lire, elle époussetait la poussière, demander à son fils si ça allait, il lui répondait oui.  Parfois, elle posait une main nerveuse et hésitante sur son épaule, geste qu’elle faisait de moins en moins souvent, car Hans n’était pas démonstratif sauf lorsqu’il était malade.

 

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Son père ne ressemblait pas à un juif, au point qu’un jour un S.A (troupe du nazi)l’invita au parti nazi. Sa mère n’était pas coquette mais était jolie. Lorsque Conrad entra chez lui, il voulut ne le présenter à personne, pour se le garder pour lui ou par honte qu’ils ne soient assez bien pour lui. Sa mère l’appela et il ne put échapper aux présentations, Conrad fut très polie, baisa la mains de sa mère, elle lui posa quelque question sur le lycée et ses projets, elle était ravi de l’ami de son fils.

Ils allèrent ensuite dans sa chambre où il lui montra ses collections, ses livres,..
D’un coup, son père entra dans la chambre, chose qu’il n’avait jamais fait ces derniers mois, pris une position militaire, se tint droit et allongea son bras droit et dit “Gestatten, Doktor Schwarz”, Conrad s’inclina et lui serra la main. Son père était tellement honoré d’avoir le descendant d’une illustre famille dans sa maison, qu’il se mit à parler d’anecdote d’amis qu’il avait en commun avec le père de Conrad. Ce fut long pour Hans, mais son père se souvint qu’il avait des clients dans son cabinet de consultations, il fit regarda Hans pour montrer qu’il était fier de lui.

Hans était horrifié du comportement de son père, il en voulait à son père mais aussi à son ami qui l’avait transformé en une caricature de lui même, il avait honte, il voulait pleurer, le faire partir.  Il restèrent chacun de leur côté, sans rien dire, quelques minutes, puis Conrad lui sourit et Hans lui rendit son sourire plein de larme.

Après cet épisode, il revint trois ou quatre fois par semaine, tous s’habituèrent à sa présence et devinrent plus détendu.

 

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Hans s’attendait à ce que Conrad l’invite chez lui, mais l’invitation fut longue, tous les soirs il le ramenait chez lui. Devant la grille surmontée de deux griffons (animaux imaginaire à tête d’aigle et corps de lion), Hans observait son ami disparaitre derrière la porte de sa maison, lui restant là devant ses deux griffont cruels qui le menaçaient du regard.

Cependant un jour, il lui proposa enfin de venir chez lui, ils traversèrent la maison, sans rencontrer personne. Il lui crut voir, en passant devant, une chambre féminine, la photo d’Hitler, mais que ferait une photo de ce nazi dans une chambre d’une Hohenfels?

La chambre de Conrad, ressemblait un peu à celle de Hans, mais était plus grande et avec une vue sur le jardin bien entretenu avec une fontaine, un temple dorique (temple architecture grecque), une statue,..
Conrad lui montra tout ses trésors, il lui semblait qu’il avait attendu ce moment depuis longtemps. Ils passèrent deux merveilleuses heures. Hans ne s’étonna pas de ne pas avoir rencontré ses parents.

 

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Conrad invita de nouveau Hans quinze jours plus tard, toujours sans ses parents, puis trois, quatre fois, sans que les parents soit présents. Hans soupçonna que ce n’était pas une coïncidence et repensa à la photo d’Hitler vu dans la chambre, mais eut honte de penser que ces parents ait le moindre rapport avec cet homme.

 

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Un jour, il eut la confirmation de ce qu’il pensait.

Sa mère lui avait pris une place d’orchestre (rez de chaussée d’une salle de théâtre) pour l’Opéra pour voir Fidelio (de Beethoven) dirigé par Furtwängler. Avant la levée du rideau, l’orchestre commença à jouer, puis arrivèrent les personnes importantes toutes élégamment vêtues, même le Président de la République avait fait le déplacement.

C’est à ce moment là, qu’au premier rang des places d’orchestre arriva la famille Hohenfels, ils jetèrent un regard sur le public et s’inclinait quand ils reconnaissaient quelqu’un. Hans en était sur, Conrad l’avait vu, mais avez fin de ne pas le voir. A la fin du premier entracte, il couru au foyer, s’adossa à une colonne de marbre d’un air hautain et dédaigneux et attendit son ami. La famille arriva, la mère avec son diadème et ses bijoux de diamant scintillant, faisant des saluts de la main, le père s’inclinant en voyant une personne qu’il connaissait, et Conrad faisant de même face à cette immense foule qui leur faisait place. Conrad le vit, lui sourit puis toucha le revers de son smoking comme pour enlever une poussière. Hans rentra chez lui, et fit des cauchemars toute la nuit.

Le lendemain, Conrad lui parla comme si de rien n’était, mais au moment de se séparer, Hans lui demanda les raisons de son comportement de la veille. Conrad lui avoua que sa mère descendante de famille polonaise royale, dédaigne les juifs qui sont pour elle des excréments de la terre, que même mourante, elle ne voudrait pas que son père la soigne. Elle refuse que son fils traine avec lui car il ferait tâche sur le blason des Hohenfels. Son père n’a aucune opinion, un Hohenfels peu importe ses relations restera un Hohenfels, le fait qu’il soit un garçon est plus simple, si c’était une fille, il aurait peut être une autre opinion. Conrad rentra ensuite chez lui, referma les grilles qui étaient la frontière entre sa famille et Hans, et dont il ne pourrait plus jamais les franchir.
Conrad venait de moins en moins souvent chez lui, tous deux savaient que cela avait marqué la fin de leur amitié et leur enfance.

 

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La fin ne tarda pas à arrivée, les vacances d’été étaient passé par là, Hans les avaient passé en suisse avec ces parents. A la rentrée, le Karl Alexander Gymnasium avait changé d’ambiance, déjà à l’extérieur des croix gammées, des affiches rouge sang dénoncé Versailles, des voix s’élevaient contre les Juifs. Un nouveau professeur Prussien arriva mi septembre, Herr Pompetzki, autoritaire, il leur expliqua qu’une autre histoire, pas encore écrite dans les livres, allait être écrite, qu’une puissance des ténèbres oeuvrent en Amérique, en Allemagne et en Russie et qu’elle sape leur moral. Il vanta la venu des Aryens (soit disant race pure indo européenne) et les changements bénéfiques qu’ils avaient eut à travers l’histoire et dans de nombreux pays.
L’arrivée de ce professeur, changea l’opinion publique des élèves, jusqu’alors, Hans n’avait jamais subit d’animosité, ni de racisme, hors un matin, il entendit derrière la porte de sa classe, une violente discussion et le mot Juif répétait plusieurs fois avec véhémence. Hans entra dans la pièce, où 6/7 garçons parlaient entre eux, Bollacher l’inventeur de “Castor et Pollack” le toisait du regardet se moqua de lui, Schulz pinça son nez comme s’il avait senti une mauvaise odeur. Conrad faisait style d’être occupé. Hans alla à sa place et fit mine de regarder ses devoirs.

Bollacher se précipita vers lui, lui demanda pourquoi il ne retournerait pas en Palestine d’où il est venu, et colla sur son banc devant lui “Les Juifs ont ruiné l’Allemagne”. Hans lui demanda de retiré le mot, Bollacher refusa et le menaça de ne pas l’enlever non plus. La plupart des garçons, dont Conrad se levèrent pour assister à l’altercation. Hans le savait, c’était vaincre ou mourir, Nazi contre Juifs, il frappa Bollacher au visage, il évita celui de Bollacher qui trébucha et tomba entre deux pupitres au moment ou Pompetzki entra dans la classe. Bollacher répéta au professeur que Schwarz l’avait frappé, Le professeur demanda à Hans la raison, il lui dit qu’il l’avait insulté en lui demandant de retourner en Palestine, le professeur sourit et lui répondit que ce n’était pas une insulte mais on conseil amical.

Le soir, Hans attendit son ami pour le consoler, il ne vint pas. Depuis ce jour, ils s’évitèrent pour ne pas être vu ensemble, Hans était seul, personne ne lui parlait, les professeur l’oubliait et Max-les-Biceps portait une croix gammées en argent.

 

17

Début décembre, son père, qui avait vieillit ces six derniers mois et avait du mal à respirer, lui annonça que lui et sa mère avaient pris la décision de l’envoyer en Amérique. Leurs parents à New York s’occuperont de lui et le feront aller à l’université. Son père se doutait de ce qu’il vivait au lycée, c’était donc mieux pour lui de partir, temporairement, le temps que tout cela se calme. Lui et sa mère resterait ici car c’est chez eux, c’est leur pays et qu’ils ne laisseraient pas un sale Autrichien (Hitler) lui voler.

Le jour de Noël il quitta le lycée, et le 19 janvier, jour de son anniversaire, presque un an après la rencontre de Conrad, il partit en Amérique.

Deux jours avant, il reçut deux lettre, l’une de Bollacher et Schulz, un vers qui le menacer de ne pas revenir sinon ils leur tordraient le cou.

L’autre de Conrad, qui lui disait à quel point il était triste de le voir partir, mais que c’était mieux pour lui. Il croyait en Hitler, qu’il avait rencontré à Munich avec sa mère, qu’il avait été impressionné par sa force de conviction, sa volonté de fer.. Il devait choisir entre Hitler et Staline et il avait fait son choix. Il était fâché de savoir que pour un an, peut être deux, il n’y aurait pas de place pour lui dans cette nouvelle Allemagne, mais que plus tard, il pourrait revenir car ce pays a besoin de gens comme lui. Le fürher, il en est convaincu, saura faire la différence entre les bons et les mauvais juifs. Il était heureux que ces parents restent et lui promit que rien ne leur arriveraient et qu’ils pourraient mourir ici en paix et en sécurité. Il espérait un jour le revoir car il lui avait appris à réfléchir et à douter et qu’il resterait dans sa mémoire à jamais.

 

18

Hans vit en Amérique depuis 30 ans. Il a vécu chez le cousin de son père qui l’obligea à faire du droit plutôt que d’être poète. Il alla au collège et à l’université d’Harvard, fut avocat à 25 ans, se maria avec une fille de Boston et eut un enfant. Il vit bien, il a un appartement à Central Park, a plusieurs voiture, une maison à la campagne, appartient à plusieurs clubs juifs.

Bien qu’il ait réussit sa vie, il n’a jamais su ce qu’il voulait faire, écrire un bon livre, un bon poème. Avant il manquait de courage en lui car il n’avait pas d’argent, maintenant qu’il a l’argent il manque de confiance en lui.

Il se bat contre l’égalité raciale et l’abolition de la peine capitale. L’argent lui a permis d’aider les Juifs et les Arabes, il a même envoyé de l’argent en Allemagne.

Ses parents sont mort, mais pas dans un camps de concentration, un jour, un nazi se posta devant son cabinet de consultation, portant un écriteau donnant ordre aux allemand d’éviter les Juifs. Son père revêtit un uniforme d’officier, mis ses décorations y comprit la croix de fer de première classe et se plaça à côté du nazi. Le nazi fut gêné, une foule s’approcha puis se moqua du nazi. Quelques jours plus tard, sa mère dormait, son père alluma le gaz. Depuis ce jour, Hans a évité de rencontrer des allemands et n’a plus ouvert un livre allemand.

Il a croisé des allemands, mais il a fait très attention à leur passé, il vérifiait qu’ils s’étaient battu contre Hitler. Sa blessure n’est pas refermé et il en veut terriblement aux allemand. Un jour il en rencontra un de Wurtemberg, il lui demanda ce qui restait du Karl Alexander Gymnasium, des décombres et du Palais Hohenfels, des décombres, il se mit à rire, ne souhaitant pas expliquer pourquoi…

 

19

Toute cette histoire lui revient aujourd’hui, il a reçu un appel de fond du Karl Alexander Gymnasium accompagné d’une liste de nom des enfants morts dans la guerre, pour ériger un monument aux morts. Son premier réflexe fut de jeter la lettre mais il se ravisa pour lire la liste, en évitant les nom commençant par H.

Il se souvenait de quelques jeunes furtivement, il était désolé de les savoir mort, mais ce fut différent pour Bollacher, mort sans sépulture et Schulz, eux le méritaient. Sur 46 garçons de sa classe, 26 avaient trouvé la mort.

Il hésita de longues heures, travaillant, s’occupant l’esprit avant de lire les noms commençant par la lettre H. Au moment de vouloir la jeter, il jeta un oeil, “Von Hohenfels Conrad, impliqué dans le complot contre Hitler, Exécuté”.

 

RÉSUMÉ DU LIVRE

Ce moment d’Histoire, se passe en février 1932. Hans Schwarz est un jeune garçon de 16 ans, qui fit la rencontre de Conrad Von Hohenfels, un garçon du même âge, provenant d’une illustre famille de Stuttgart. Ils devinrent les meilleurs amis au monde, leur amitié dura un peu moins d’un an. Ils parcoururent le pays ensemble, lisant des livres français, allemand, anglais, … Ils vont au lycée le Karl Alexander Gymnasium.

Un jour, après plusieurs mois d’amitié, Hans l’invita chez lui et lui présenta ses parents. Son père est un médecin très respecté, sa mère se rend parfois à la synagogue. Hans est Juifs, mais ni lui ni son père ne se sentent Juifs, ils sont allemand, son père c’est battu pour l’Allemagne et a même été blessé deux fois.
Conrad mis longtemps à inviter son ami chez lui, et lorsqu’il le fit, il veilla à ce que ces parents ne soient pas présent. Hans se douta de quelque chose, mais n’en fit jamais la remarque.

Un jour pourtant, Lors d’une soirée à l’Opéra, où se rendirent Hans et ses parents et Conrad et ses parents, Conrad fit mine de ne pas le connaître. Hans en fut bouleversé.

Le lendemain, Conrad, fit comme rien n’était, mais Hans voulu savoir ce qui ce passait. C’est là que Conrad avoua, sa mère était de descendante royale polonaise, haïssant les juifs, mais n’en connaissant aucun. Son père lui aimait sa mère et ne ferait rien contre elle. C’est à ce moment que leur amitié commença à prendre fin.

Après les vacances d’été, où Hans parti en Suisse avec ces parents, l’ambiance en Allemagne avait changé, croix gammées placardé, affiches de sang un peu partout dans la ville. Lorsqu’il repris le chemin du collège à la rentrée, un nouveau professeur Her Pompetzki, un prussien, bourra le crâne des élèves en parlant des forces des ténèbres, sans jamais les citées, mais tous comprenaient qu’il s’agissait des Juifs. Hans qui n’avait jamais vécu d’animosité ou de racisme, dû se défendre contre Bollacher et Schultz qui lui demandaient de rentrer dans son pays la Palestine. Même Conrad ne s’approchait plus de lui.

Ses parents l’obligea à partir en Amérique, où de la famille de New York s’occuperait de lui et le ferait aller à l’université. Ce devait être temporaire, le temps que la tempête se calme, son père avait vieillit d’un coup, il respirait mal, mais ni lui, ni sa mère, ne souhaitait quitter leur pays et le laisser à cet Autrichien (Hitler). Deux jours avant de partir, il reçut deux lettres, une de Bollacher et Schultz le menaçant de ne pas revenir, l’autre de Conrad qui était triste de le voir partir, mais qui soutenait Hitler, et lui demandait de revenir dans quelques années, car l’Allemagne aurait besoin de personne comme lui.

 Trente ans plus tard, Hans se souvient de cette amitié, de ce commencement du nazisme, de ce qu’il a vécu et dont la blessure est toujours ouverte. Il se souvient car le Karl Alexander Gymnasium lui a envoyé un appel de fond pour un monument aux mort, érigé pour les jeunes tombés pendant la guerre. Dans la lettre, il y a une liste d’enfant mort, Bollacher et Schultz sont présent, il en est heureux, et des heures d’hésitations, il jète un oeil aux noms commençant par H, et voit “Von Hohenfels Conrad impliqué dans le complot contre Hitler, exécuté”.

 

MON AVIS

Lorsque ma fille l’a lu et me l’a passé, elle m’a dit “l’histoire est triste”, je lui ai dit “je sais, il perd son ami”, elle m’a dit “comment tu sais”, je lui ai dit “pendant la guerre, et vu qu’il parle d’une amitié, il y a peu de chance que l’histoire soit jolie”.

Je me suis trompée, vous me direz “comment peut tu trouver cette histoire jolie?”, surement comme ma fille, je vous répondrais, comme je lui ai répondu “cet homme raconte une jolie histoire d’amitié, une amitié sereine, où ils lisent ensemble, passent des moments ensemble, s’écoutent, se parlent, s’aiment d’amitié… bien sur, il y a eut la guerre qui les a séparé, mais bien des années plus tard, il a pu voir que son ami, lui aura finalement été loyal en allant jusqu’à mourir pour qu’un jour, il puisse revenir dans son pays. Une amitié comme celle là est jolie. Conrad bien qu’il soit mort et que l’on peut penser que se soit triste, ça ne l’est pas, il est mort en se battant pour changer les idées, pour sauver des gens.